"Le moulin le plus beau et le plus moderne de France"

 

La famille Batigne exploite la Minoterie Batigne dans le Tarn depuis plus de 350 ans. Durant cette période, le moulin a été constamment transformé et agrandi.

 

Un moulin qui évolue…

 

Durant la décennie 1920-1930 la société Bühler avait installé au moulin de Cantereyne les machines les plus performantes. En 2009, le tout nouveau moulin entièrement automatisé a été mis en service. Il s’agit encore d’une installation Bühler.

En 2009 La Minoterie Batigne s’est équipée d’un bâtiment sur cinq paliers avec de toutes nouvelles machines. Frédéric Bobineau, ingénieur chez Bühler qui a équipé ce bâtiment neuf d’une trentaine de mètres de haut, souligne que cette minoterie est la plus moderne de France. De 50 tonnes écrasées par jour, elle en broie aujourd’hui jusqu’à 240. C’est une machine unique en France. Le grain y est pelé et débarrassé de toutes bactéries et microtoxines. Ce grain immaculé est moulu dans des appareils à cylindres. Sortent ainsi près d'une trentaine de farines panifiables qui sont distribuées dans 16 départements du grand sud. A chaque étape la qualité est contrôlée automatiquement : humidité, protéines, couleur... Ici, hygiène, sécurité, régularité, et flexibilité sont les maîtres mots, aussi, la minoterie peut répondre à l'exigence des boulangers. Pour ce fleuron de la meunerie française, le choix du progrès technologique s'est fait sans hésitation aucune. Car il en va de l'avenir d'une entreprise, mais aussi d'une profession.


Une installation particulière…

 

Le mercredi 20 février 2008, la livraison de trois cuves cylindriques inox n'est pas passée inaperçue à Réalmont. Trois porte-chars de 23m de long chacun avaient chargé les trois cuves fabriquées par les Ets Estève à Rians dans le Cher. Chacune mesure 16m de long, 4m de diamètre, pèse 3,4 tonnes et a un volume de 150 m3. Le convoi exceptionnel parti du Cher le dimanche soir est arrivé à Réalmont le mardi dans après-midi.
Le mercredi matin, le premier porte-char s'est présenté au portail en marche arrière, une manœuvre difficile vu la longueur du véhicule et la largeur de l'entrée. Une grue avait déployé son long bras au-dessus des toits de l'ancien bâtiment. Les chaînes du palonnier furent boulonnées aux deux oreilles de la cuve prévues à cet effet. Une sangle reliait le cône avant au bras hydraulique du transporteur. Les deux appareils de levage ont conjugué leur travail pour dresser verticalement la cuve. Une fois détachée du bras du camion, la cuve est soulevée par une grue au-dessus du toit. Pour la déposer horizontalement à terre, une autre grue l'assistait en retenant le bout conique. La même opération fut répétée deux fois. En septembre 2009, la nouvelle minoterie équipée du matériel nec plus ultra était opérationnelle et pouvait tripler sa production.
Les 20 et 21 septembre 2009, les dirigeants des organismes stockeurs et les artisans boulangers étaient invités à visiter cette véritable usine où hygiène et sécurité ont guidé les concepteurs. Tous ont été ébahis y compris les élus locaux, le député Philippe Folliot, le conseiller général Jean Roger, le maire Hubert Bernard.


Depuis, la meunerie du XXIème siècle tourne à Réalmont …

 

D'abord une « cathédrale » de stockage du blé : 4 silos de 1000 tonnes et 10 de 250 tonnes. Cette réserve assure environ deux mois de production. Le blé travaillé est 100% français. Il est uniquement issu de cultures de Midi-Pyrénées : environ 50% du Tarn et pour le reste Tarn-et-Garonne, Haute-Garonne, Ariège et Gers. C'est un choix de cultures réfléchit afin de limiter les coûts de transports ainsi que toutes les nuisances qui en découlent. Le moulin s'inscrit ainsi dans une démarche raisonnée. Le travail de la minoterie consiste à transformer ces blés en farines, à travers un processus séquentiel de nettoyage sommaire, humidification avec repos, écroûtage, mouture, tamisage, mélange puis ensachage ou livraison en vrac. Le moulin, une tour de 30 mètres, s’étage sur cinq plates-formes avec ascenseur. Des kilomètres de tube en inox relient différentes machines carénées : cylindres Antares, plansichters MPAK, mélangeur Speedmix... Pas une poussière ici. Une légère surpression règne dans tout le moulin, ce qui empêche la pénétration d'impuretés. Trois ordinateurs pilotent l'ensemble. Les capteurs signalent la moindre anomalie. Trois meuniers et les frères Batigne, Jean-Marc et Christian, veillent au grain de 5h à 22h, 7/7j. De son côté, le père, Max, Robert pour ses nombreux amis, exerce toujours une surveillance discrète. On a beau être la minoterie la plus moderne, on reste une minoterie familiale…


Les étapes…

 

Dans le premier nettoyage, l'installation traite 20 tonnes de céréales par heure. L'humidité des céréales est mesurée automatiquement. L'humidification se fait dans un mouilleur à tourbillons à échange rapide. Le deuxième nettoyage, d'une capacité horaire de 12 tonnes, est équipé d'un système d'écroûtage. Ce traitement de surface permet de diminuer le taux de bactérie ainsi que la teneur en microtoxines du grain.
La mouture se fait avec 10 appareils à quatre cylindres. Ensuite, le produit moulu est tamisé dans deux plansichters et réparti selon la granulation afin de passer aux étapes suivantes. Avant d'être stockées dans le silo, les farines sont soumises à un contrôle qualité. Dans les silos, les différentes farines de base sont mélangées à différents additifs et ingrédients au moyen d'un mélangeur très puissant pour en faire des mélanges prêts à l'emploi de grande qualité.
Avant d'être entreposées dans les silos de produits finis, les farines sont encore une fois vérifiées dans des tamis de contrôle. Ce circuit s’effectue en 15 minutes. Le conditionnement avant la livraison des farines se fait au moyen d'installations d'ensachage très modernes dans des sacs de 5, 10, 25 ou 50 kg.


Et tout autour…

 

Rien n’est laissé au hasard puisque des tests sont effectués en continu, dans le laboratoire jouxtant la minoterie : panification, qualité et sécurité, pour exemple ceux concernant les métaux lourds ou les résidus de pesticides.
Doté de neuf camions, le moulin livre à deux cent kilomètres à la ronde et pour desservir le Sud-Est, il possède cinq dépôts à Elne, Lunel, Aubagne, Toulon et Draguignan.
La Minoterie Batigne emploie une trentaine de personnes et génère une quarantaine d'emplois (transporteurs...). Elle s’engage également dans l'aide à l'installation de boulangers en proposant aux futurs acquéreurs des boulangeries à la vente, des formations, des financements et un suivi de gestion les premières années.